Articles métiers

Ce fil d’actualité va vous permettre de garder un œil sur les évolutions réglementaires et légales, de se tenir au courant des nouveautés techniques et technologiques, de partager les bonnes pratiques.

  • SMIC : 1480 € bruts par mois à compter du 1er janvier

    Le SMIC est revalorisé de 0,93 % au 01/01/2017, sans aucun coup de pouce supplémentaire.

    Le taux horaire du SMIC brut sera revalorisé de 0,93 % au 01/01/2017 pour atteindre 9,76 €. Le montant mensuel brut sera ainsi porté à 1 480,27 €, ce qui représente 1 153 € nets par mois.

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  • Dispense de majoration de 25 % étendue en cas de première adhésion à un organisme de gestion agréé

    Pour bénéficier de la dispense de majoration de 25 %, les adhérents d’un organisme de gestion agréé doivent l’avoir été pendant toute la durée de l’exercice considéré. Un décret instaure de nouveaux cas dérogeant à ce principe en cas de première adhésion.

    L’adhésion d’une société relevant du régime fiscal des sociétés de personnes à un organisme de gestion agréé (OGA, qui peut être un centre de gestion, une association ou un organisme mixte), ou le recours à un professionnel de l’expertise comptable autorisé par l’administration et ayant conclu avec elle une convention, procure un avantage fiscal à ses associés : ceux-ci échappent à la majoration de 25 % de leur quote-part de résultat retenue pour le calcul de l’impôt sur le revenu (CGI art. 158, 7). Cette dispense de majoration ne couvre pas les activités individuelles que peuvent exercer les associés pour lesquelles une adhésion personnelle est requise.

    Pour bénéficier de l’avantage, il faut, en principe, avoir été adhérent d’un OGA ou client d’un comptable conventionné pendant toute la durée de l’exercice
    (ou de l’année) considéré.

    Un décret instaure de nouveaux cas dérogatoires en cas de première adhésion.

    Les contribuables qui franchissent les limites de chiffre d’affaires des régimes micro-BA, micro-BNC ou micro-BIC
    avant la fin de l’exercice comptable, et deviennent ainsi soumis de plein droit à un régime réel d’imposition, bénéficient de la dispense de majoration de 25 % en cas de première adhésion à un OGA ou de signature d’une première lettre de mission avec un comptable conventionné avant la clôture de l’exercice
    .

    Remarques

    1. La dispense de majoration de 25 % concerne les contribuables relevant des BA
    ou des BIC
    imposés selon un régime réel ou des BNC
    imposés selon le régime de la déclaration contrôlée.
    2. Ne semblent pas concernés par les nouveaux cas dérogatoires prévus par le décret les contribuables qui optent pour un régime réel
    d’imposition : ceux-ci doivent toujours adhérer dans les cinq mois du début de l’exercice pour échapper à la majoration de leurs revenus relatif à cet exercice.

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  • PLFR 2016 : les aménagements en fiscalité du patrimoine apportés par les députés

    Les principales mesures fiscales du projet initial de loi de finances rectificative pour 2016 ont été adoptées sans modifications majeures. Les députés ont inséré de nouvelles dispositions, concernant notamment le PEA et les dispositifs Madelin et ISF-PME.

    1.
    L’Assemblée nationale a adopté le 7 décembre 2016 en première lecture le projet de loi de finances rectificative pour 2016 après avoir enrichi le texte initial de nombreuses dispositions. Le texte est examiné au Sénat à partir du 15 décembre, la lecture définitive à l’Assemblée devant intervenir le 22 décembre 2016 au plus tard.

    Nous signalons ci-après les principales modifications apportées au texte initial par les députés.

    L’entrée dans le compte PME-innovation facilitée

    2.
    Les règles et conditions d’imposition des produits et gains réalisés au sein ou en sortie du compte PME-innovation (CPI) n’ont pas été modifiées par les députés (Projet art. 21 : FR 50/16 [9] p. 14). En revanche, les conditions d’entrée dans le CPI ont été assouplies.

    Ainsi pourrait inscrire ses titres dans un CPI, sans condition de détention minimale
    de droits de vote ou de droits dans les bénéfices, le signataire d’un pacte d’associés
    qui fait partie d’un groupe d’actionnaires ou d’associés dont des représentants accompagnent la société ou participent à un organe de gouvernance ou d’orientation de la stratégie de la société (qualifiés dans les débats de « business angels » regroupés dans des sociétés d’investissement ou en participation). Cet élargissement a été adopté contre l’avis du Gouvernement.

    En revanche, il a émis un avis favorable au second assouplissement qui permet aux dirigeants ou salariés détenant moins de 10 %
    d’inscrire leurs titres dans un CPI dès lors que la valeur de ces titres représente plus de la moitié de leur patrimoine.

    Les cessions de titres dans le cadre des dispositifs Madelin et ISF-PME moins pénalisées

    3.
    Serait réintroduite dans le dispositif encourageant la souscription au capital d’entreprises en matière d’impôt sur le revenu
    (réduction d’impôt Madelin) la non-remise en cause de l’avantage fiscal obtenu malgré la cession des titres
    lorsque celle-ci intervient dans les trois ans
    de la souscription et qu’elle est stipulée obligatoire par un pacte d’associés
    ou d’actionnaires ou, quelle qu’en soit la cause, plus de trois ans après la souscription.

    Cette absence de remise en cause serait subordonnée au remploi
    , dans un délai maximum de douze mois, du montant initialement investi ou, s’il est inférieur, du prix de cession net des impôts et taxes, en souscription de titres répondant aux conditions du dispositif.

    En matière d’ISF
    , où la non-remise en cause sous condition de remploi en cas de cession rendue obligatoire par un pacte d’associés est déjà prévue, le dispositif serait complété d’une non-remise en cause, également sous condition de remploi, en cas de cession intervenant plus de trois ans après la souscription.

    A noter :
    S’agissant de la réduction d’impôt sur le revenu Madelin, l’article 24, I de la loi de finances rectificative pour 2015 avait déjà prévu un dispositif analogue. Toutefois, la rédaction résultant de l’article 26, I de la même loi avait rendu ces dispositions inopérantes (FR 1/16 [30] no 21).

    Le dispositif du PEA plus strictement encadré

    4.
    Sur proposition du Gouvernement, le régime du PEA défini à l’article L 221-31 du Code monétaire et financier serait modifié sur deux points afin de tenir en échec la jurisprudence
    administrative.
    En premier lieu, la définition administrative de la détention indirecte de titres
    pour l’appréciation du seuil de 25% de participation au-delà duquel les titres ne peuvent être inscrits sur un PEA serait légalisée. Ainsi, pour les titres acquis dans le cadre d’un PEA à compter du 6 décembre 2016
    , le pourcentage des droits détenus indirectement, par l’intermédiaire de sociétés ou d’organismes interposés et quel qu’en soit le nombre, s’apprécierait en multipliant entre eux les taux de détention successifs dans la chaîne de participations.

    A noter :
    Le Conseil d’Etat a donné de la détention indirecte une définition plus favorable aux contribuables en précisant qu’elle suppose la détention de la majorité du capital social
    de la société interposée et l’exercice d’une fonction de direction (CE 17-3-2016 no 390861 : FR 18/16 [13] p. 14).

    5.
    Le second aménagement vise à interdire les ventes à soi-même de titres déjà détenus
    afin de les inscrire dans un PEA. Ainsi pour les acquisitions effectuées à compter du 6 décembre 2016
    , les sommes versées sur un PEA ne pourraient être employées à l’acquisition de titres détenus hors de ce plan par le titulaire du plan ou un membre de son groupe familial.

    A noter :
    Cette disposition fait échec à une jurisprudence du Conseil d’Etat de 2015 selon laquelle la vente à soi-même de titres détenus hors PEA avant d’être achetés à partir du PEA au moyen du numéraire versé sur ce plan ne constitue pas un transfert interdit (CE 14-10-2015 no 374211 : FR 45/15 [4] p. 9).

    Un nouveau dispositif pour remplacer les régimes «Besson ancien» et «Borloo ancien»

    6.
    Un nouveau dispositif incitatif à la mise en location de logements anciens sous condition de ressources du locataire et de loyer
    serait institué. Adopté sur amendement du Gouvernement, ce dispositif se substituerait aux régimes « Borloo ancien » et « Besson ancien ».

    Dans les zones tendues
    définies par arrêté, sous condition de conclusion d’une convention avec l’Anah entre le 1er janvier 2017 et le 31 décembre 2019, les bailleurs pourraient ainsi pratiquer, pendant toute la durée de la convention, une déduction de 15 % ou 50 % des revenus fonciers bruts selon que le logement fait l’objet d’une convention à loyer intermédiaire ou à loyer social. Les taux seraient portés respectivement à 30% et 70% dans les zones très tendues
    . Un taux spécifique de 85% pourrait s’appliquer pour des logements qui seraient mis en location par l’intermédiaire de certains organismes, pour des loyers extrêmement bas.

    Les régimes « Besson ancien » et « Borloo ancien » seraient corrélativement supprimés dans les conditions suivantes :
    – la possibilité de renouveler par période triennale le bénéfice du dispositif « Besson ancien » serait supprimée à l’issue des périodes triennales en cours au 1er janvier 2017 ;
    – seules les demandes de conventionnement auprès de l’Anah déposées avant le 31 décembre 2016 pourraient encore donner lieu à l’application du dispositif « Borloo ancien ».

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  • La généralisation de la DSN impacte le calcul des cotisations et leur date de paiement

    Les dates de paiement des cotisations sont modifiées, les cotisations plafonnées sont régularisées au mois le mois et le décalage de la paie sans rattachement à la période d’emploi est appelé à disparaître.

    1.
    Le décret 2016-1567 du 21 novembre 2016 s’applique aux employeurs personnes physiques ou personnes morales de droit privé ainsi qu’aux établissements publics à caractère industriel et commercial au titre des périodes de travail débutant à compter du 24 novembre 2016 (Décret art. 8 I). Il est donc applicable aux paies effectuées à partir de cette date, soit, pour les salariés mensualisés, à compter de la paie afférente à décembre 2016
    .

    Cette date d’entrée en vigueur
    est toutefois reportée pour
    :

    • – les employeurs et tiers déclarant pour lesquels la DSN n’est pas encore obligatoire : le nouveau corpus réglementaire leur sera applicable lorsqu’ils seront tenus de souscrire cette déclaration, soit à compter des paies afférentes à 2017 (l’article 8, I du décret 2016-1567 du 21 novembre 2016 prévoit en effet que sa date d’entrée en vigueur est fixée « sans préjudice des dates fixées par le décret prévu par l’article 22 de la loi du 21 décembre 2015 »).
    • – certaines dispositions pour lesquelles un délai d’adaptation est laissé aux employeurs, voir n° 6 (dates de paiement des cotisations), nos 7 s. (modification du fait générateur des cotisations) et n° 12 (suppression de la régularisation annuelle des cotisations).

    Recouvrement des cotisations

    Les dates de paiement des cotisations sont modifiées

    2.
    Le versement des cotisations est effectué le mois suivant la période de travail au titre de laquelle les rémunérations sont dues, au plus tard aux échéances suivantes (CSS art. R 243-6, II modifié) :

    • – le 5 de ce mois pour les employeurs dont l’effectif est d’au moins 50 salariés et dont la paie est effectuée au cours du même mois que la période de travail ;
    • – le 15 de ce mois dans les autres cas.

    Ces nouvelles échéances entrent en vigueur comme indiqué n° 6.

    Exemple
    —————————————————————————————————————

    Les cotisations afférentes à la période d’emploi de mars seront versées :

    • – le 5 avril si l’entreprise a au moins 50 salariés et ne pratique pas le décalage de la paie ;
    • – le 15 avril si l’entreprise pratique le décalage de la paie ou a moins de 50 salariés.

    ——————————————————————————————————————————

    L’employeur de moins de 11 salariés peut opter pour le paiement trimestriel

    3.
    L’employeur de moins de 11 salariés peut opter pour le versement trimestriel des cotisations. Dans ce cas, les cotisations
    dues au titre des périodes de travail d’un trimestre civil sont versées dans les 15 premiers jours du trimestre civil suivant mais la déclaration sociale
    nominative est adressée le 15 de chaque mois (CSS art. R. 243-6-1 modifié).

    Exemple
    —————————————————————————————————————

    Pour la période d’emploi de janvier, février et mars :

    • – les cotisations seront versées dans les 15 premiers jours d’avril ;
    • – la DSN sera souscrite les 15 février, 15 mars et 15 avril.

    ——————————————————————————————————————————

    4.
    L’employeur de moins de 11 salariés qui entend opter
    pour le versement trimestriel, doit en informer par écrit l’organisme de recouvrement dont dépend son établissement avant le 31 décembre ou au moment de l’emploi de son premier salarié (CSS art. R. 243-6-1 modifié ; Décret art. 8 IX).

    En pratique
    , les employeurs de plus de 9 salariés et de moins de 11 salariés
    souhaitant bénéficier du versement trimestriel en 2017 doivent en faire la demande par écrit avant le 31 décembre 2016. A défaut, la périodicité et les dates de paiement actuellement applicables (celles prévues par l’article R 243-6 du CSS dans sa rédaction antérieure au décret) leur demeurent applicables jusqu’au 31 décembre 2017.

    A compter du 1er janvier 2018, ils régleront les cotisations mensuellement le 15 du mois suivant la période de travail (sauf option pour le paiement trimestriel avant le 31 décembre 2017).

    Pour les employeurs d’au plus 9 salariés
    : rien ne change en 2017. A compter du 1er janvier 2018, ils régleront les cotisations mensuellement le 15 du mois suivant la période de travail (sauf option pour le paiement trimestriel avant le 31 décembre 2017).

    La Direction de la sécurité sociale nous a confirmé que telle était bien la portée de l’article 8 du décret résumé dans le tableau ci-après (n° 6).

    5.
    Pour les employeurs ayant opté pour le versement trimestriel :

    • – à défaut de renonciation
      par l’employeur au plus tard le 31 décembre, l’option sera reconduite pour l’année suivante (CSS art. R. 243-6-1 modifié).
    • – en cas de cession de l’entreprise
      ou de cessation d’activité
      de l’entreprise ou de l’un de ses établissements, le versement des cotisations sera exigible lors de la première échéance mensuelle qui suit la date de cet événement (CSS art. R 243-7 modifié).

    Exemple
    —————————————————————————————————————

    Cession d’une entreprise de 40 salariés le 20 mars. Les cotisations dues au titre de la période d’emploi du 1er au 20 mars sont exigibles le 15 avril.

    ——————————————————————————————————————————

    Entrée en vigueur

    6.
    Les dates d’entrée en vigueur sont prévues par l’article 8 du décret. Elles peuvent être résumées comme suit.

    Effectif de l’entreprise

    Au moins 50 (1)

    De 11 à moins de 50 (1)

    Plus de 9 et moins de 11 (1)

    9 maximum (1)

    Entreprise sans décalage de la paie

    Entreprise décalant la paie

    Entreprise sans décalage de la paie

    Entreprise décalant la paie

    Option pour le versement trimestriel

    Versement mensuel

    Option pour le versement trimestriel

    Versement mensue
    l

    Date de paiement des cotisations

    5 du mois suivant la période de travail

    15 du mois suivant la période de travail

    15 du mois suivant la période de travail

    15 du mois suivant la période de travail

    15 premiers jours du trimestre civil suivant celui de la période de travail

    15 du mois suivant la période de travail

    15 premiers jours du trimestre civil suivant celui de la période de travail

    15 du mois suivant la période de travail

    Entrée en vigueur

    Paie de décembre 2016

    (cotisations à régler le 5 janvier 2017)

    (2)

    Salaires payés entre le 21 et le 31 du mois suivant : 1er janvier 2021 (3)

    Autres situations : Paie de décembre 2016 (cotisations à régler le 15 janvier 2017) (2)

    Paie de décembre 2016 (cotisations à régler le 15 janvier 2017) (2 )

    Salaires payés après le 10 e jour du mois suivant : 1er janvier 2021 (3)

    Autres situations : Paie de décembre 2016 (cotisations à régler le 15 janvier 2017) (2)

    1er janvier 2017

    (cotisations à régler le 15 avril 2017)

    (4)

    1er janvier 2018 (4)

    1er janvier 2018 (5 )

    1er janvier 2018 (5)

    (1) Pour déterminer la date et la périodicité de versement des cotisations, l’effectif de l’entreprise est calculé au 31 décembre de l’année précédente (CSS art. R 243-6, III non modifié), soit au 31-12-2016 pour 2017.

    (2) Comme indiqué n° 1, pour les employeurs pour qui la DSN est obligatoire à compter de janvier 2017, l’entrée en vigueur est reportée à la paie de janvier 2017.

    (3) Le report de l’entrée en vigueur au 1er janvier 2021 concerne les employeurs qui au 23 novembre 2016 (date de publication du décret) :

    – ont au moins 50 salariés et versent les rémunérations entre le 21e jour du mois civil suivant la période de travail à laquelle elles se rapportent et le dernier jour de ce même mois ;

    – ou ont moins de 50 salariés et versent les rémunérations après le 10e jour du mois civil suivant la période de travail à laquelle elles se rapportent.

    Jusqu’au 31 décembre 2020, ces employeurs paieront les cotisations selon un calendrier transitoire qui sera fixé par arrêté. Mais à compter des périodes de travail de décembre 2016, ou de janvier 2017 pour ceux pour qui la DSN n’est obligatoire qu’à cette date, ils doivent transmettre cette déclaration le 15 du mois (Décret art. 8, VIII 2°).

    (4) Sauf option pour le paiement trimestriel dans les conditions prévues n° 4 , la périodicité et les dates de paiement actuellement applicables (prévues par l’article R 243-6 du CSS dans sa rédaction antérieure au décret) s’appliquent jusqu’au 31 décembre 2017 (Décret art. 8, VIII 1° et art. 8, IX).

    (5) La périodicité et les dates de paiement actuellement applicables (prévues par l’article R 243-6 du CSS dans sa rédaction antérieure au décret) s’appliquent jusqu’au 31 décembre 2017 (Décret art. 8, VIII 1° et art. 8, IX).

    Calcul des cotisations

    Taux et plafond de la paie

    7.
    Actuellement, le fait générateur des cotisations de sécurité sociale est le paiement du salaire
    , ce qui implique que les taux et plafonds applicables sont ceux en vigueur lors du paiement du salaire. Le décret 2016-1567 du 21 novembre 2016 retient, non plus le paiement du salaire, mais la « période d’emploi
    » comme élément déterminant les taux et plafonds. Cette réforme sera applicable aux périodes de travail débutant à compter du 1er janvier 2018
    (Décret art. 8, VII). (PC) Au plan réglementaire, le changement de fait générateur est inséré à l’article R 242-1 du CSS. La loi de financement de la sécurité sociale pour 2017
    devrait lui procurer une assise législative (voir FRS 24/16 inf. 19 n° 3 p. 23).

    En 2018, le fait générateur des cotisations sera la période d’emploi

    8.
    Du fait de la réforme, les cotisations sociales seront calculées
    , pour chaque période de travail, sur l’ensemble des rémunérations y étant soumises, dans les conditions ci-après
    (CSS art. R 242-1 modifié).

    Les taux et plafonds applicables seront ceux en vigueur au cours de la période de travail au titre de laquelle les rémunérations sont dues. Toutefois, ces taux et plafonds seront également appliqués aux rémunérations rattachées à la même paie
    mais dues au titre d’autres périodes. La Direction de la sécurité sociale nous a confirmé que par « rémunérations rattachées à la même paie » il convient d’entendre toute somme réglée lors de cette paie à l’exception des rappels de rémunérations ordonnés en justice et des sommes versées après le départ du salarié.

    A noter :
    Les employeurs les plus impactés par la réforme seront ceux qui décalaient la paie sans rattachement
    à la période d’emploi puisqu’ils devront procéder à un tel rattachement à compter de 2018.

    9.
    Un régime dérogatoire
    s’appliquera (CSS art. R 242-1 modifié) :

    • – pour les rappels de rémunérations ordonnés par décision de justice, il sera fait application des taux et plafonds en vigueur lors des périodes de travail donnant lieu à ces rappels ;
    • – pour les sommes versées après le départ du salarié, il sera fait application des taux et plafonds applicables lors de la dernière période de travail de celui-ci.

    10.
    Nous avons établi, à titre d’exemple
    , un tableau comparatif, des taux et plafonds applicables sur les sommes réglées en mars avant et après la réforme en fonction de la pratique de l’entreprise avant 2018 (absence de décalage ou décalage avec ou sans rattachement à la période d’emploi).

    Mode de paiement des salaires avant la réforme

    Pas de décalage de la paie (1)

    Décalage de la paie sans rattachement à la période d’emploi (1)

    Décalage de la paie avec rattachement à la période d’emploi (1)

    Sommes versées en mars

    Avant

    Après

    Avant

    Après

    Avant

    Après

    Rémunération réglée à l’échéance normale

    Taux et plafond mars

    Pas de changement

    Taux et plafond mars

    Taux et plafond février

    Taux et plafond février

    Pas de changement

    Rappels de salaire ordonnés en justice

    Taux et plafonds de la période d’emploi à laquelle ils se rapportent

    Pas de changement

    Taux et plafonds de la période d’emploi à laquelle ils se rapportent

    Pas de changement

    Taux et plafonds de la période d’emploi à laquelle ils se rapportent

    Pas de changement

    Rappels versés après la rupture du contrat de travail

    Taux de mars Plafond de la dernière période d’emploi

    Taux et plafonds de la dernière période de travail

    Taux de mars Plafond de la dernière période d’emploi

    Taux et plafonds de la dernière période d’emploi

    Taux de février Plafond de la dernière période d’emploi

    Taux et plafonds de la dernière période d’emploi

    Autres rémunérations non afférentes à la période d’emploi de mars

    Taux et plafond mars

    Pas de changement

    Taux et plafond mars

    Taux et plafond février

    Taux et plafond février

    Pas de changement

    (1) Le décalage de la paie consiste à verser le mois suivant celui de l’exécution du travail le montant de la rémunération de ce travail.

    Les rémunérations dues au titre de 2017 ne sont pas impactées

    11.
    Comme énoncé n° 7, la réforme concerne les périodes de travail débutant à compter du 1er janvier 2018. Les rémunérations afférentes aux périodes de travail antérieures ne sont donc pas impactées.

    Régularisation des cotisations plafonnées

    12.
    Avec la déclaration sociale nominative, la régularisation des cotisations plafonnées se fait au mois le mois
    . Ce principe est inscrit à l’article R 242-2 du CSS par l’article 3 du décret. Pour procéder à cette régularisation, l’employeur fait masse, à chaque échéance de cotisations, des sommes dues au titre des périodes de travail comprises entre cette échéance et le premier jour de l’année ou le jour de l’embauche, si elle est postérieure, et calcule les cotisations sur la partie de cette masse qui ne dépasse pas la somme des plafonds périodiques applicables à ces mêmes périodes. La différence éventuelle, entre le montant des cotisations ainsi déterminé et le montant de celles qui ont été précédemment versées, fait l’objet d’un versement complémentaire aux échéances habituelles (CSS art. R 242-2 modifié).

    A noter :
    Juridiquement, ces nouvelles dispositions entrent en vigueur dans les conditions indiquées n° 1. Ainsi, en principe, les entreprises déjà en DSN, doivent procéder à une régularisation sur la paie de décembre 2016. Cependant, pour celles ayant commencé à émettre des DSN au cours de l’année 2016 ou pour celles qui rencontrent encore des problèmes pour effectuer des régularisations mensuelles via la DSN, les Urssaf proposent, à titre exceptionnel, de procéder à la régularisation des cotisations 2016 via leurs services en ligne (lettreinfo@urssaf.fr du 18-11-2016). Selon le site DSN info, les entreprises optant pour cette solution doivent émettre un tableau récapitulatif (TR) 2016 au format DUCS au plus tard le 31 janvier 2017.

    Taxation provisionnelle

    Si la DSN n’est pas souscrite, l’assiette des cotisations est majorée d’au moins 25 %

    13.
    Lorsque les données nécessaires au calcul des cotisations n’ont pas été transmises, celles-ci sont calculées à titre provisoire dans les conditions suivantes (CSS art. R 242-5, I modifié) :

    1. Sur la base des dernières rémunérations connues, majorées de 25 % dès la première échéance et pour chaque échéance consécutive non déclarée ;
    2. En l’absence de rémunérations connues, sur la base du produit du plafond mensuel de la sécurité sociale et du nombre de salariés ou assimilés connus, majoré de 150 %.

      Cette taxation est notifiée à l’intéressé dans le délai d’un mois suivant la date limite de déclaration (CSS art. R 242-5, II modifié).

    Après taxation provisionnelle, les majorations de retard sont plus élevées

    14.
    Lorsque le cotisant effectue sa déclaration après notification d’une taxation
    provisionnelle, le montant des cotisations dues est régularisé en conséquence. Mais une majoration de retard de 8 % (au lieu de 5 % habituellement) est appliquée au montant des cotisations dues (CSS art. R 242-5, II modifié). On rappelle que cette majoration de retard est assortie d’une majoration complémentaire de 0,4 % par mois ou fraction de mois écoulé à compter de la date d’exigibilité (CSS art. R 243-18) et que le défaut de souscription de la déclaration donne également lieu à application d’une pénalité (CSS art. R 133-14).

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  • Le plafond annuel de la Sécurité sociale pour 2017 est publié

    Le taux de revalorisation de 1,6 %, préconisé par la Commission des comptes de la Sécurité sociale, est confirmé par arrêté.

    Le plafond mensuel de la Sécurité sociale pour 2017, servant de référence notamment au calcul de bon nombre de cotisations sociales et de prestations, est fixé à 3 269 €, soit 39 228 € pour l’année. La valeur journalière est fixée à 180 €.

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  • Retraites des non-salariés : de fortes disparités entre les pensions

    Une étude de la DREES note une forte disparité entre les pensions de retraite des non-salariés, due au parcours très divers des pensionnés. Parmi eux, 8 sur 10 sont polypensionnés et 1 sur 2 a effectué plus de la moitié de sa carrière en tant que salarié.

    Fin 2012, 3,1 millions de retraités, soit 1 retraité sur 5, sont d’anciens non-salariés affiliés aux régimes des agriculteurs, des professions libérales ou des artisans et commerçants. Leur pension de droit direct s’élève en moyenne à 1 169 € par mois, tous régimes confondus, contre 1 282 € pour l’ensemble des retraités. Une grande disparité existe dans les montants de pension servis entre les régimes de non-salariés : la pension moyenne étant de 840 € pour les exploitants agricoles, 1 323 € pour les commerçants, 1 344 € pour les artisans et 2 621 € pour les professions libérales. Les femmes anciennement non salariées perçoivent une retraite inférieure de moitié (49 %) à celle des hommes non salariés.

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  • Rappel de quelques actions à mener avant la fin de l’année

    Le 31 décembre 2016 constitue la date butoir pour faire valoir certains droits ou remplir certaines obligations fiscales ou sociales. Nous exposons les démarches à effectuer et les pièges à éviter en cette fin d’année.

    Délai pour former une réclamation fiscale

    1.
    Les contribuables qui souhaitent obtenir la décharge
    ou la réduction d’une imposition
    mise à leur charge doivent, sous peine de forclusion, adresser à l’administration fiscale une réclamation dans les délais prévus par les articles R 196-1 et suivants du LPF (CONT-III-3500 s.).

    A noter :
    La réclamation ne suspend pas, en elle-même, l’exigibilité de l’impôt. Le contribuable qui désire être dispensé d’acquitter un impôt qu’il conteste doit donc, dans sa réclamation (ou du moins dans le délai légal de réclamation), demander expressément le sursis de paiement (CONT-III-21000 s.).

    Délai général

    2.
    Ce délai, qui constitue le délai de droit commun applicable, expire le 31 décembre de la seconde année
    suivant celle :

    • soit de la mise en recouvrement
      du rôle, de la notification d’un avis de mise en recouvrement ou du versement de l’impôt
      contesté lorsque celui-ci n’a pas donné lieu à l’établissement d’un rôle ou à la notification d’un avis de mise en recouvrement ;
    • soit de la réalisation de l’événement qui motive la réclamation. Ainsi, le 31 décembre 2016 constitue la date limite pour contester les impositions mises en recouvrement ou payées en 2014
      .

    3.
    En application de l’article L 190 du LPF, les réclamations fondées sur la non-conformité de la règle de droit dont il a été fait application à une règle de droit supérieure doivent être présentées dans les délais de droit commun, décomptés à partir de la mise en recouvrement du rôle, de la notification d’un avis de mise en recouvrement, du versement de l’impôt ou de la réalisation de l’événement motivant la demande.

    Lorsque la non-conformité
    à la règle de droit supérieure est révélée par une décision juridictionnelle ou par un avis
    rendu au contentieux (c’est-à-dire un arrêt ou un avis rendu par le Conseil d’Etat ou la Cour de cassation, un arrêt du Tribunal des conflits ou une décision de la Cour de justice de l’Union européenne se prononçant sur un recours en annulation, sur une action en manquement ou sur une question préjudicielle), cette décision ou cet avis ne constitue pas un événement motivant la réclamation (LPF art. R 196-1, al. 1 et R 196-2). En pareil cas, l’action en décharge, en réduction ou en restitution d’impositions, ou en paiement de droits à déduction, doit être exercée dans les délais de réclamation de droit commun courant à partir de la date de la mise en recouvrement ou du versement de l’impôt contesté ou de la naissance du droit à déduction et se prescrit par deux ans à compter de cette date (FR 48/13 [25] p. 27).

    A noter :
    Ces dispositions concernent non seulement les impositions reposant sur une disposition fiscale réglementaire jugée non conforme à la loi interne mais aussi celles perçues en méconnaissance du droit communautaire ou de toute autre disposition issue d’un traité international. Le Conseil d’Etat a précisé que les dispositions législatives nationales tenues pour inapplicables en vertu des conventions fiscales bilatérales ne peuvent être regardées comme non conformes à une règle de droit supérieure (CE 9-7-2010 no 314406 : CONT-I-40230).

    Délais particuliers

    4.
    Les réclamations doivent être présentées au plus tard le 31 décembre de l’année
    suivant celle :

    • de la réception par le contribuable d’un nouvel avis d’imposition
      réparant les erreurs d’expédition
      ;
    • au cours de laquelle les retenues à la source
      ou les prélèvements
      ont été opérés ;
    • au cours de laquelle le contribuable a eu connaissance
      de cotisations d’impôts directs établies à tort ou faisant double emploi.

    A noter :
    Une réclamation n’est pas tardive lorsque les délais généraux de deux ans vus au no 2 ne sont pas clos, alors même que le délai particulier d’un an est arrivé à expiration (CE 5-7-2010 no 310945 : CONT-III-3575). Ce principe s’applique y compris dans l’hypothèse des retenues à la source et prélèvements qui sont supportés par le contribuable mais versés par un tiers payeur (CE 15-4-2016 no 385737 : FR 22/16 [13] p. 14).

    5.
    Les réclamations relatives aux impôts directs locaux
    et aux taxes annexes doivent être présentées au plus tard le 31 décembre de l’année
    suivant celle de la mise en recouvrement du rôle, ou du versement de l’impôt contesté lorsque cet impôt n’a pas donné lieu à l’établissement d’un rôle ou à la notification d’un avis de mise en recouvrement.

    6.
    Lorsque le contribuable fait l’objet d’une procédure de reprise ou de rectification
    (selon la procédure contradictoire ou la procédure d’imposition d’office), il dispose pour présenter sa réclamation d’un délai égal à celui dont l’administration dispose pour procéder à la rectification des impositions, c’est-à-dire d’un délai expirant, d’une manière générale, au 31 décembre de la troisième année suivant celle de la notification de la proposition de rectification ou des bases imposées d’office (soit le 31 décembre 2016 pour une notification reçue en 2013).

    Quelles actions fiscales former avant le 31 décembre ?

    7.
    Nous présentons des actions à former avant la fin de l’année 2016 en fiscalité patrimoniale et des entreprises, étant précisé que cette liste n’est pas exhaustive, et que le contribuable ne saurait faire l’économie d’une analyse concrète de chaque situation et de l’opportunité des actions à mener.

    Fiscalité patrimoniale

    Restitution de prélèvements sociaux pour les affiliés à l’étranger

    8.
    Il résulte d’une jurisprudence récente que les personnes affiliées à un régime de sécurité sociale
    européen autre que la France, qui ont été assujetties en France aux prélèvements sociaux sur les revenus du capital recouvrés par voie de rôle ou versés jusqu’au 31 décembre 2015, peuvent en obtenir la restitution (CJUE 26-2-2015 aff. 623/13, min. c/ de Ruyter : TD-XVI-1425 ; CE 27-7-2015 nos 334551 et 342944 : TD-XVI-1430). Il en va de même, selon certains juges du fond, des personnes affiliées dans un Etat tiers, compte tenu de l’atteinte au principe de libre circulation des capitaux (et sous réserve de l’application de la clause de gel). En pratique, les prélèvements sociaux mis en recouvrement ou versés en 2014 peuvent faire l’objet d’une demande en restitution jusqu’au 31 décembre 2016 sous les conditions et réserves évoquées au FR 41/16 [4] p. 4.

    A noter :
    Les revenus du capital sont les revenus du patrimoine (revenus fonciers, rentes viagères à titre onéreux et plus-values de cession de titres) d’une part, et les revenus de placement (plus-values immobilières et la plupart des revenus de capitaux mobiliers) d’autre part.

    Prélèvement sur les plus-values immobilières des non-résidents

    9.
    De nombreuses réclamations ont été engagées à la suite d’un arrêt du Conseil d’Etat ayant censuré l’ancien prélèvement d’un tiers
    applicable avant 2015 aux plus-values immobilières des personnes physiques non résidentes de l’Espace économique européen (CE 20-10-2014 no 367234 : FR 52/14 [8] p. 11). Les prélèvements versés en 2014 peuvent ainsi faire l’objet de la part du contribuable concerné d’une demande de restitution partielle (à hauteur de la différence entre les taux de 33,33% et 19 %) jusqu’au 31 décembre 2016 (CE 15-4-2016 no 385737 : FR 22/16 [13] p. 14).

    Plus-values sur valeurs mobilières

    10.
    Le Conseil constitutionnel a récemment jugé que les compléments de prix
    perçus à compter de 2013 qui se rapportent à des cessions de titres antérieures à 2013 ou à des cessions n’ayant dégagé aucune plus-value peuvent bénéficier de l’abattement pour durée de détention lorsque, à la date de la cession des titres, la condition de durée de détention était satisfaite. Les contribuables concernés ont jusqu’au 31 décembre 2016 pour contester la mise en recouvrement en 2014 des compléments de prix perçus en 2013 (Cons. const. QPC 14-1-2016 no 2015-515 : FR 4/16 [3] p. 5).

    11.
    Par ailleurs, le Conseil d’Etat a décidé d’interroger la CJUE sur la compatibilité du dispositif législatif de report d’imposition des plus-values d’échange
    réalisées avant 2000
    avec l’article 8 de la directive 90/343/CEE du 23 juillet 1990 (CE 31-5-2016 no 393881 : FR 31/16 [11] p. 8 ; CE19-7-2016 n° 360352 : BF 11/16 [912] p. 598). La question se pose de savoir si cette directive s’oppose au droit de la France de « cristalliser » l’assiette de la plus-value lors de l’échange. Aucune certitude ne peut être apportée quant à l’issue de ce contentieux qui pourrait conduire à la formation « par ricochet » d’une question prioritaire de constitutionnalité. Des réclamations peuvent néanmoins être formées à titre conservatoire avant le 31 décembre 2016 s’agissant des plus-values dont le report d’imposition a cessé en 2013, l’imposition de la plus-value ayant été mise en recouvrement en 2014.

    A noter :
    Les plus-values placées sur option en report avant 2000 et dont le report a pris fin depuis le 1er janvier 2013 ont été imposées au barème progressif sans pouvoir bénéficier des abattements pour durée de détention, un coefficient d’érosion monétaire étant seulement appliqué au prix de revient des titres (Cons. const. QPC 22-4-2016 no 2016-538 : BF 7/16 [603] p. 399 ; CE 19-7-2016 no 394596 : FR 37/16 [7] p. 11). Si l’apport était considéré comme une simple opération intercalaire, les contribuables pourraient demander le dégrèvement de leur imposition correspondant à l’application de ces abattements.

    12.
    Enfin, en cas de mise en oeuvre de la clause de garantie de passif ou d’actif
    net, le cédant peut demander la décharge ou la réduction de l’imposition initialement établie, en déposant une réclamation au plus tard le 31 décembre de la deuxième année suivant celle du reversement du prix (CGI art. 150-0 D, 14 : RM-VI-9560).

    Droits de mutation à titre gratuit

    13.
    La Cour de cassation a transmis au Conseil constitutionnel une question prioritaire de constitutionnalité relative à la règle du rappel fiscal des donations antérieures
    prévue à l’article 784 du CGI (Cass. Com. QPC 4-10-2016 no 954 FS-D : FR 42/16 [7] p. 9). On observera que le Conseil constitutionnel doit rendre sa décision le 9 décembre 2016.

    Impôt sur les sociétés

    Restitution de l’IS au titre de la réintégration de quote-part de frais et charges

    14.
    La Cour de justice de l’Union européenne a jugé contraire à la liberté d’établissement l’application d’une quote-part de frais et charges aux dividendes perçus de filiales établies dans un autre Etat de l’Union européenne qui, si elles avaient été résidentes, auraient pu appartenir à un groupe fiscal et bénéficier de la neutralisation de cette quote-part (CJUE 2-9-2015 aff. C-386/14, Groupe Stéria : FR 38/15 [2] p. 5). Les sociétés françaises ayant perçu des dividendes de filiales européennes qui remplissaient les conditions pour appartenir à un groupe intégré
    peuvent donc demander le remboursement de l’IS payé sur la quote-part de frais et charges en déposant une réclamation contentieuse au plus tard le 31 décembre 2016 pour l’impôt sur les sociétés versé en 2014 sur les dividendes 2013 (Rép. Goujon : AN 17-5-2016 no 4234).

    Réclamations portant sur la contribution de 3%

    15.
    Les sommes ou valeurs attribuées aux associés ou actionnaires au titre du rachat de leurs actions
    avant le 1er janvier 2015 ne peuvent être regardées, quelle que soit la procédure de rachat suivie, comme entrant dans l’assiette de la contribution de 3% prévue à l’article 235 ter ZCA. Telle est la solution rendue par le Conseil d’Etat le 20 avril 2016 (CE 20-4-2016 no 396578 : FR 22/16 [3] p. 5). Les sociétés ayant procédé à un rachat de leurs propres titres en 2013 ou 2014 et ayant acquitté la contribution de 3 % en 2014 doivent en demander la restitution par voie de réclamation avant le 31 décembre 2016.

    A noter :
    Les sommes reçues par les associés dans le cadre d’un rachat de titres effectué à compter du 1er janvier 2015 relèvent du régime des plus-values (Loi 2014-1655 du 29-12-2014 art. 88 : FR 60/14 [28] p. 67).

    16.
    La contribution de 3% sur les revenus distribués ne s’applique pas aux montants distribués entre sociétés du même groupe. L’administration étend cette exonération aux distributions effectuées par une société membre d’un groupe horizontal à une autre société membre de ce groupe, par l’intermédiaire de l’entité mère non résidente ou de sociétés étrangères. En pratique, la société mère s’acquitte de la contribution additionnelle de 3% due au titre des distributions mises en paiement par la société du groupe auprès de l’entité mère non résidente ou des sociétés étrangères. Elle est ensuite en droit d’obtenir, dans le cadre d’une réclamation contentieuse, la restitution du montant de cette contribution lorsque les distributions qui ont supporté la contribution sont versées à une autre société membre du groupe par l’entité mère non résidente ou les sociétés étrangères (BOI-IS-AUT-30 no 130 : FR 19/16 [2] p. 8). Ces réclamations contentieuses doivent être introduites au plus tard le 31 décembre 2016 pour les contributions de 3 % versées en 2014 au titre des distributions mises en paiement en 2013 ou 2014.

    A noter :
    Le Conseil constitutionnel a jugé que l’exonération de la contribution de 3%sur les montants distribués à l’intérieur d’un groupe fiscal intégré est contraire à la Constitution. L’effet de cette inconstitutionnalité est toutefois reporté au 1er janvier 2017 (Cons. const. QPC 30-9-2016 no 2016-571). Le projet de loi de finances rectificative pour 2016 prévoit d’étendre cette exonération aux distributions, mises en paiement à compter de 2017, opérées par des sociétés qui, par choix ou par impossibilité du fait de la localisation à l’étranger de la société bénéficiaire de la distribution, ne sont pas membres d’un groupe fiscalement intégré (FR 50/16 [1] no 4).

    Remboursement de la créance de carry-back

    17.
    La créance de carry-back devenue restituable
    doit être spontanément remboursée
    par l’administration. Dans l’hypothèse où l’administration fiscale ne s’acquitte pas de cette obligation, il appartient au contribuable, dans le délai de prescription quadriennale
    prévu par l’article 1er de la loi du 31 décembre 1968 (et non dans le délai de droit commun de 2 ans), de présenter une demande tendant à ce remboursement (CE 9-3-2016 nos 385244 et 385265 : FR 14/16 [6] p. 8). Ainsi, le contribuable qui a opté pour le report en arrière d’un déficit au titre de l’exercice 2006 doit donc se voir rembourser spontanément la fraction non utilisée de sa créance à compter du 1er janvier 2012. A défaut, il peut en réclamer la restitution jusqu’au 31 décembre 2016.

    En cas de rehaussement ultérieur
    des bénéfices des exercices qui ont précédé celui de l’option pour le carry-back, le contribuable peut demander l’imputation du déficit sur les bénéfices rectifiés en déposant une réclamation contentieuse au plus tard le 31 décembre de la deuxième année suivant celle de la mise en recouvrement de l’impôt rectifié (CE 19-7-2016 no 385768 : FR 38/16 [1] p. 3). En pratique, les contribuables doivent déposer une réclamation contentieuse avant le 31 décembre 2016 pour les impôts rectifiés mis en recouvrement en 2014.

    TVA

    Péremption des droits à déduction de TVA

    18.
    Les redevables de la TVA qui auraient omis de faire valoir certains de leurs droits à déduction sur leurs déclarations de 2014
    peuvent, sans avoir à présenter de réclamation, réparer cette omission jusqu’au 31 décembre 2016.

    TVA acquittée à raison d’opérations annulées, résiliées ou restées impayées

    19.
    Les redevables qui ont acquitté la TVA à l’occasion de ventes ou de services qui sont par la suite résiliés, annulés ou qui restent impayés peuvent demander l’imputation ou la restitution de cette taxe au plus tard le 31 décembre de la seconde année suivant celle au cours de laquelle s’est produit l’événement ouvrant droit à récupération. Les entreprises qui en 2014 ont constaté l’annulation ou la résiliation de leurs créances doivent donc demander l’imputation ou la restitution de la taxe correspondante avant le 1er janvier 2017.

    A noter que les demandes de restitution peuvent être opérées dans le délai ci-dessus par des entreprises ayant cessé d’être redevables de la TVA même si la date de cessation d’assujettissement est antérieure à la constatation de l’annulation ou de la résiliation des opérations en cause ou du caractère irrécouvrable de leurs créances.

    TVA acquittée par erreur par un redevable de bonne foi

    20.
    La TVA facturée et acquittée par erreur par un redevable de bonne foi, au titre en particulier d’opérations non imposables ou imposées à un taux trop élevé, peut être récupérée selon la procédure évoquée ci-dessus à propos des opérations annulées, résiliées ou restées impayées. Les entreprises qui ont acquitté de la TVA en trop en 2014 doivent donc en demander l’imputation ou la restitution d’ici au 31 décembre 2016. Il est souligné que, dans certains cas, la récupération de la taxe peut être opérée directement (sans respect de la procédure des impayés). Ainsi, les excédents de déclaration
    signalés aux entreprises par l’administration ou constatés par elles peuvent être imputés directement sur la déclaration CA 3 (sous réserve que soient mentionnées dans le cadre réservé à la correspondance la nature de l’erreur, la déclaration concernée et les modalités de détermination du montant en cause).

    Taxes diverses

    Investissement obligatoire dans la construction

    21.
    Les employeurs qui occupent au moins vingt salariés doivent avoir réalisé, au plus tard le 31 décembre 2016, des investissements dans la construction pour un montant fixé à 0,45% des salaires versés entre le 1er janvier et le 31 décembre 2015 : voir guide au FR 52/16.

    Taxe d’apprentissage

    22.
    Dépenses libératoires
    . Les dépenses de financement de l’apprentissage et des formations technologiques et professionnelles susceptibles de donner lieu à exonération de la taxe d’apprentissage due en 2017 doivent en principe être réalisées au plus tard le 31 décembre 2016. Cependant, dès lors qu’elles doivent être réalisées par l’intermédiaire d’un organisme collecteur, les dépenses peuvent être prises en compte si elles interviennent avant le 1er mars 2017.

    Obligations sociales

    Participation des salariés aux résultats de l’entreprise

    23.
    Les entreprises soumises à la participation au titre du résultat de 2015 et n’ayant pas encore d’accord de participation doivent conclure un tel accord avant le 1er janvier 2017 (pour celles dont l’exercice coïncide avec l’année civile) (Doc. soc. PB-I-3370 s.). A défaut, un régime de substitution moins avantageux pour les salariés s’appliquera. Cette obligation ne concerne pas les entreprises nouvelles pendant leurs deux premiers exercices (Doc. soc. PB-I-1770 s.), ni celles ayant un accord d’intéressement en cours au moment où elles atteignent cinquante salariés (Doc. soc., PB-I-1850). Ainsi, celles qui atteignent l’effectif habituel de 50 salariés en 2015, tout en appliquant un accord d’intéressement couvrant les exercices 2015, 2016 et 2017 pourront ne constituer leur première réserve spéciale de participation qu’à raison des résultats de l’exercice 2018.

    Emploi obligatoire des travailleurs handicapés

    24.
    Les employeurs d’au moins 20 salariés sont tenus d’employer 6% de travailleurs handicapés. Ils peuvent toutefois, avant le 1er janvier 2017, remplir cette obligation par d’autres moyens (achat de fournitures ou de prestations au secteur adapté ou protégé ou à des travailleurs indépendants handicapés, accueil de stagiaires handicapés ou de personnes handicapées en période d’immersion ou d’observation, application d’un accord). Les employeurs peuvent également verser une contribution à l’Agefiph, le 1er mars 2017 au plus tard. Néanmoins, les établissements qui se contentent depuis 2013 d’accueillir des stagiaires handicapés, des personnes handicapées en période d’immersion ou d’observation et/ou de verser une contribution Agefiph ont intérêt à mettre en oeuvre au moins un autre moyen d’action avant le 31 décembre. A défaut, ils seront redevables d’une contribution Agefiph fortement majorée en mars prochain (voir le rappel de ces obligations au FR 42/16 [17] p. 19).

    Négociation annuelle obligatoire

    25.
    Dans les entreprises où sont présents au moins une section syndicale et un délégué syndical, une négociation doit s’engager chaque année sur la rémunération, le temps de travail et le partage de la valeur ajoutée d’une part, et sur l’égalité professionnelle et la qualité de vie au travail, d’autre part.

    Paiement des cotisations sociales

    26.
    Les employeurs de plus de 9 salariés et de moins de 11 salariés souhaitant verser trimestriellement leurs cotisations sociales en 2017 doivent, avant le 31 décembre 2016 , en faire la demande par écrit auprès de leur Urssaf.

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  • Loi travail : les décrets sur les congés spécifiques sont publiés

    Deux décrets d’application de la loi Travail datés 18 novembre 2016 modifient la partie réglementaire relative aux congés spécifiques. Ils précisent notamment les modalités de contestation en justice par le salarié du refus de l’employeur d’accorder un congé.

    Deux décrets du 18 novembre 2016 précisent les nouvelles dispositions réglementaires relatives aux congés autres que les congés payés selon la nouvelle structure du Code du travail
    , à savoir :

    – règles d’ordre public auxquelles il n’est pas possible de déroger ;

    – mesures ouvertes à la négociation collective ;

    – règles supplétives applicables à défaut de dispositions collectives.

    Beaucoup de ces modifications sont purement formelles
    et consistent soit en une simple renumérotation des dispositions réglementaires, soit une mise en cohérence avec les dispositions législatives. Seules les mesures nouvelles sont exposées ci-après, à l’exception de celles relatives au congé de proche aidant
    qui a déjà fait l’objet d’une information sur notre site.

    Ces nouvelles mesures réglementaires entrent en vigueu
    r le 1er janvier 2017.

    Dispositions communes

    Les informations sont notifiées par tout moyen conférant une date certaine

    Les modalités d’information sont unifiées qu’il s’agisse notamment d’une demande de congé
    ou d’un refus
    de l’employeur. Dès lors qu’une partie au contrat au doit en informer l’autre, cette information doit, dans tous les cas, être notifiée par tout moyen conférant date certaine.

    En cas de contestation, le juge prud’homal statue en dernier ressort

    La possibilité pour un salarié de contester devant le conseil de prud’hommes le refus de l’employeur d’accepter sa demande de congé a été étendue à presque tous les congés spécifiques par la loi Travail. Le décret 2016-1552 du 18 novembre 2016 précise les modalités de cette procédure d’urgence en référé qui est commune à tous les congés spécifiques et relève de l’ordre public
    .

    Ainsi, à compter du 1er janvier 2017, le juge prud’homal saisi en référé devra statuer en dernier ressort en cas contestation du refus par l’employeur d’une demande de congé spécifique.

    Congé de solidarité familiale

    Le décret 2016-1555 du 18 novembre 2016 prévoit une nouvelle obligation d’information
    à la charge du salarié et relevant de l’ordre public. Ce dernier doit, au moment de sa demande de congé, informer l’employeur de la date prévisible de son retour. En cas de modification de celle-ci, le salarié en informe l’employeur au moins 3 jours avant son retour (C. trav. art. D 3142-3, nouveau). Pour le reste, les modifications sont purement formelles
    .

    Congé sabbatique

    En cas de refus par l’employeur
    d’accorder un congé sabbatique, le salarié peut contester ce refus dans les 15 jours à compter de sa notification
    , et non plus à compter de la réception
    de la réponse de l’employeur par le salarié (C. trav. art. D 3142-16). Il résulte de cette disposition d’ordre public que le salarié doit saisir au plus vite le juge prud’homal dans les conditions précitées.

    A notre avis :
    Selon nous, les pouvoirs publics ont commis une erreur de rédaction en fixant le point de départ du délai à la date de notification du refus et non à sa date de réception par le salarié. En effet, dans le cadre du congé pour création d’entreprise – dont les modalités sont similaires puisque, antérieurement au décret, la plupart des dispositions réglementaires étaient communes à ces deux congés – le point de départ du délai reste fixé à la date de réception par le salarié de la notification du refus (C. trav. art. D 3142-70, modifié). On ne voit pas pourquoi il doit en être autrement pour le congé sabbatique, d’autant que cette mesure peut s’avérer très défavorable au salarié en limitant son temps de recours, notamment si le courrier est envoyé en recommandé. En outre, elle ne correspond à la règle habituellement applicable en droit civil. Cela étant, il convient d’appliquer le texte tel quel, en espérant qu’il soit modifié.

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  • L’employeur qui réagit après une altercation entre salariés remplit son obligation de sécurité

    L’employeur est tenu d’une obligation de sécurité de résultat à l’égard des salariés. Mais il peut s’exonérer de sa responsabilité en justifiant avoir pris les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs.

    Un salarié dépose une main courante au commissariat, déclarant avoir été violemment agressé sur son lieu de travail. Il est placé en arrêt de travail, puis saisit le conseil de prud’hommes d’une demande en résiliation judiciaire de son contrat de travail aux torts de l’employeur qui, selon lui, a manqué à son obligation de sécurité de résultat.

    L’employeur qui prend des mesures de prévention remplit son obligation de sécurité

    En matière de protection de la santé et de la sécurité des salariés, la Cour de cassation impose à l’employeur une obligation de résultat
    dont il doit assurer l’effectivité. En cas de risque avéré ou réalisé (accident par exemple), l’employeur engage en principe sa responsabilité.

    La Cour de cassation a toutefois assoupli sa jurisprudence, en admettant que l’employeur s’exonère de cette responsabilité s’il justifie avoir pris les mesures nécessaires
    pour assurer la sécurité des salariés (Cass. soc. 25-11-2015 n° 14-24.444 FS-PBRI). Il doit en particulier démontrer avoir respecté les règles imposées par le Code du travail en matière d’hygiène et de sécurité, c’est-à-dire notamment avoir mis en place des actions de prévention des risques professionnels et de la pénibilité au travail, des actions d’information et de formation des salariés ainsi qu’une organisation et des moyens adaptés, en respectant les principes généraux de prévention (voir, par exemple, en cas de harcèlement moral : Cass. soc. 1-6-2016 n° 14-19.702 FS-PBRI).

    Une réaction immédiate de l’employeur

    L’arrêt du 22 septembre 2016 donne un exemple de réaction immédiate et adaptée
    de l’employeur, de nature à l’exonérer de sa responsabilité vis-à-vis du salarié.

    En l’espèce, le salarié avait été agressé verbalement sur son lieu de travail par un tiers à l’entreprise. Dès qu’il en a été informé, l’employeur a appelé l’agresseur en lui intimant de ne plus remettre les pieds dans l’entreprise. Il a ensuite invité le salarié à porter plainte contre ce dernier. Les juges ont en outre relevé que l’agression était un fait unique, commis en dehors de la présence de l’employeur qui n’avait pas connaissance de tensions entre son salarié et l’agresseur, sur lequel il ne possédait aucune autorité de droit ou de fait.

    Les juges en ont conclu que l’employeur n’avait pas manqué à son obligation de sécurité de résultat, et n’engageait pas sa responsabilité à l’égard du salarié victime de l’agression.

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  • Le congé de proche aidant entre en vigueur au 1er janvier 2017

    Le congé de soutien familial sera remplacé, à partir du 1er janvier 2017 par le congé de proche aidant, dont les modalités viennent d’être fixées par décret.

    Le congé de proche aidant a été institué par la loi du 18 décembre 2015 relative à l’adaptation de la société au vieillissement, puis modifié par la loi Travail du 18 août 2016. Ce congé, qui remplace le congé de soutien familial
    , n’était toutefois pas encore effectif, à défaut de décret précisant ses modalités de fractionnement.

    Le décret 2016-1554 du 18 novembre 2016 pris en application de ces deux lois prévoit une entrée en vigueur
    du congé de proche aidant au 1er janvier 2017 et détermine ses modalités, ainsi que les délais d’information qui s’imposent à l’employeur et au salarié.

    Le congé est ouvert aux proches aidants sans liens familiaux

    Contrairement au congé de soutien familial, le congé de proche aidant est ouvert non seulement aux salariés qui apportent une aide à un membre de leur famille, mais aussi à ceux qui viennent en aide à une personne handicapée ou âgée ou avec lesquelles ils résident ou entretiennent des liens étroits et stables.

    Dans ce dernier cas, le décret précise que la demande de congé du salarié doit être accompagnée d’une déclaration sur l’honneur
    attestant de l’aide apportée à cette personne (C. trav. art. D 3142-8, modifié). Cette disposition est d’ordre public
    .

    En l’absence d’accord collectif, les délais d’information sont raccourcis

    Les délais d’information de l’employeur par le salarié sur la prise du congé et son renouvellement peuvent être fixées par une convention ou un accord collectif
    d’entreprise ou, à défaut, une convention ou un accord de branche qui prévoit également la durée du préavis en cas de retour du salarié avant la fin du congé.

    De même, cet accord peut déterminer les délais de demande du salarié et de réponse de l’employeur sur le fractionnement
    du congé ou sa transformation
    en période d’activité à temps partiel.

    A défaut d’accord, l’article L 3142-27 du Code du travail prévoit que ces modalités sont fixées par décret (dispositions supplétives
    ). Tel est l’objet du décret du 18 novembre 2016.

    Ainsi, en l’absence d’accord, les règles sont les suivantes.

    Le salarié informe
    l’employeur au moins un mois (au lieu de deux mois pour le congé de soutien familial) avant le début du congé de sa volonté de suspendre son contrat de travail et de la date de son départ en congé, ainsi que, le cas échéant, de sa demande de fractionnement du congé ou de sa transformation à temps partiel (C. trav. art. D 3142-11, modifié).

    Ces modalités sont également applicables en cas de renouvellement non successif
    du congé ou de l’activité à temps partiel. En revanche, en cas de renouvellement successif
    , le salarié avertit l’employeur de cette prolongation au moins 15 jours (au lieu d’un mois pour le congé de soutien familial) avant le terme initialement prévu (C. trav. art. D 3142-12, modifié).

    Le salarié qui souhaite mettre fin de façon anticipée
    au congé ou y renoncer
    dans les cinq cas prévus par l’article L 3142-19 du Code du travail (notamment décès de la personne aidée ou admission dans un établissement, diminution importante des ressources du salarié…) adresse une demande à l’employeur au moins un mois avant la date à laquelle il entend bénéficier de ces dispositions. En cas de décès
    de la personne aidée, ce délai est ramené à deux semaines (C. trav. art D 3142-13). Ces dispositions sont quasi identiques à celles qui étaient prévues pour le congé de soutien familial.

    En cas d’urgence, le congé peut être pris sans délai

    Le décret prévoit les modalités permettant au salarié de débuter ou de renouveler sans délai (au lieu d’un délai de 15 jours auparavant) le congé de proche aidant, dans les cas d’urgence prévus par l’article L 3142-19 du Code du travail. Ainsi, la dégradation soudaine de l’état de santé
    de la personne aidée ou la situation de crise
    nécessitant une action urgente est constatée par certificat médical écrit établi par un médecin. La cessation brutale de l’hébergement
    en établissement est attestée par le responsable de cet établissement (C. trav. art. D 3142-7, modifié). Cette disposition est d’ordre public
    .

    A noter :
    Le décret ne précise pas la date de début du congé en cas d’urgence. On peut toutefois penser que le congé ne pourra pas débuter avant la réception par l’employeur du certificat médical ou de l’attestation du responsable de l’établissement d’hébergement.

    La durée minimale du congé en cas de fractionnement est d’une journée

    L’article L 3142-20 du Code du travail prévoit la possibilité pour le salarié, en accord avec l’employeur, de fractionner le congé de proche aidant. Dans ce cas, il est tenu d’avertir
    l’employeur au moins 48 heures avant la date à laquelle il entend prendre chaque période de congé, sauf dans les cas d’urgence mentionnés ci-dessus. Le décret précise que la durée minimale du congé en cas de fractionnement est d’une journée (C. trav. art. D 3142-9, modifié). Cette règle relève de l’ordre public
    .

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